Introduction

Quand ce projet a commencé, juste avant le début de la pandémie, nous ne pensions pas traverser de si grands bouleversements sociaux en si peu de temps. Nous avions perçu plusieurs virages profonds touchant le secteur communautaire au fil des ans qui nous intéressaient pour ce projet, que ce soit au niveau macro en philanthropie, en bénévolat, ou en journalisme, ou encore au niveau micro dans l’inclusion de la diversité et de la gestion des ressources informatiques mais nous étions loin de nous douter de tout ce que les deux prochaines années allaient transformer.

Car, disons-le, les dernières années ont complètement et profondément changé notre société et nos systèmes.

Certaines d’entre nous œuvrons en itinérance et s’il y a un milieu où tout a dû s’adapter pour mieux répondre aux besoins des personnes, c’est bien celui-là. Tous les leaders d’organismes se sont retrouvé.es face à une détresse extrême à la fois des personnes en situation d’itinérance et du personnel.

Nous avons tous dû nous adapter rapidement au choc global d’une pandémie, aux confinements successifs, à l’horreur de milliers de décès. Nous avons dû vivre avec des leaders qui prenaient des décisions pour nous. Nous avons été souvent impuissantes devant autant de changement.
Les acteurs du milieu ont dû se revirer au quart de tour à plus d’une reprise pour trouver des solutions d’aménagement permettant d’accueillir les personnes tout en tenant compte de la COVID19. Cela a créé des zones chaudes, des zones rouges, des zones de débordement, des zones jaunes. En plus, il a fallu établir des mesures hivernales rapidement dans des contextes d’urgence et de dernière minute.

Pendant ce temps, d’autres crises s’ajoutent à cette pandémie.

La crise du logement crée une réelle pénurie de logements abordables qui déloge des centaines de personnes qui vivent dans la précarité. Ceci ajoute à la crise d’itinérance que nous vivons à Montréal et ailleurs dans le monde.

Pendant la pandémie, nous avons tous vu plus de personnes en situation d’itinérance visible. Nous pouvons dire, même sans dénombrement, que l’itinérance a augmenté. J’irais même plus loin, l’on crée actuellement de l’itinérance avec nos politiques et nos improvisations face à ces personnes. Et c’est pourtant urgent de régler les questions liées au logement le plus rapidement possible, de cesser de laisser le parc locatif se désagréger et devenir un investissement ou une marchandise, de cesser de louer à court-terme, de cesser de tolérer le manque de place en maison d’hébergements pour femmes qui ont vécu de la violence conjugale.

La crise climatique est à nos portes. Nous sommes à une mèche de tout flamber et cela a un impact sur les personnes les plus vulnérables. Nous accueillons plus de migrants partout au monde, des personnes déplacées pour différentes raisons, dont les sécheresses, les déluges et autres catastrophes. Les diverses pénuries causent de l’inflation. Les guerres qui perdurent causent davantage de pénuries. C’est sans parler de la détresse palpable, de la santé mentale affectée par de grand nombre de personnes qui ne vont pas bien, qui sont anxieuses, qui n’en peuvent plus, qui sont dans le gouffre.

Les années depuis 2020 ont été difficiles et nous avons dû nous adapter, tant bien que mal. Mais nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir.

Dans ce contexte, les articles de ce site peuvent soutenir les transformations qui auront très certainement lieu dans de nombreux milieux dans les années à venir.

Michèle Chappaz
Directrice générale

Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal